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Je ne pouvais pas ne pas m’attarder 5 minutes ici pour vous raconter ma première « anecdote » de future étudiante en psychologie.
Il y a deux jours, je déambulais dans le rayon « Psychologie » de la FNAC afin de mettre la main sur mes premières ouvrages (3 mois avant la rentrée, j’ai toujours été très prévoyante) quand je me suis faite abordée par un homme :
-« Vous débutez ? »
-« Oui »
-« Ah cet ouvrage, il est très complet. Montrez-moi. Ah oui très complet. Pour le prix, il est vraiment complet. »
-« Ah oui… »
-« Oui… m’enfin moi je commence à en avoir marre. Depuis quelques temps je me dispute avec ma psy, elle ne m’écoute pas. »
-« Ah mais moi je débute des études de psychologie. »
-« Ah oui… »

Il s’en est suivi un dialogue de sourd qui m’a conduit à écourter la conversation avec ce Monsieur qui m’a semblé visiblement très perdu.
Il m’a fait part de son désarroi vis-à-vis des amis qui s’enfuient lorsque l’on a des soucis de santé.

A vrai dire, je me suis sentie mal à l’aise en face de cet homme. Je ne me sentais pas du tout en danger mais j’aurais aimé trouver les mots pour l’aider dans son mal-être. J’aurais simplement aimé lui prononcer une phrase différente «  Je vous souhaite une bonne soirée ». J’aurais aimé le réconforter.
J’ai repensé à une interview de Christophe André que j’avais écouté la veille en podcast dans laquelle il disait qu’un patient l’avait remercié des années après pour l’avoir beaucoup aidé car il avait su lui dire au bon moment, en lui serrant fortement la main « Prenez-soin de vous ».

Mon choix a ainsi pris tout son sens et si suivre des cours de psychologie pouvait simplement me permettre, une fois dans ma vie, de trouver les bons mots pour réconforter ne serait-ce qu’une personne, ce sera déjà une grande victoire.

 

Lorsque j’ai débuté l’examen de cette envie de m’engager dans des études par correspondance, je ne m’étais jamais inquiétée de la possibilité ou non qui me serait offerte de débuter ce projet.
Il m’était parfaitement évident que, si je souhaitais m’inscrire à des cours par correspondance, cela me serait simplement accessible (dès lors que je m’acquitterais des frais d’inscription bien évidemment).
Je suis un pur produit de la République. Je viens d’un milieu social modeste et les bourses de l’état ont contribué grandement à ma réussite scolaire et sociale.
Possédant un excellent dossier scolaire, je n’ai jamais ressenti de freins à réaliser des études (même si certaines formations m’ont été « justement » refusées car mon dossier ne correspondait pas aux standards attendus). J’ai toujours considéré que la France était un pays de culture et qu’apprendre n’était pas une difficulté pour qui le voulait réellement et le pouvait intellectuellement (et que la condition des moyens financiers n’était finalement qu’assez peu déterminante).

Le premier bénéfice de cette inscription à l’IED est qu’elle m’a amené à reconsidérer certaines croyances. Faire des études  ne serait en réalité pas une évidence pour tout à chacun ? Et ce, d’autant plus lorsque l’on se situe dans un parcours atypique (reprise d’étude, échec scolaire, tâtonnements).

La première pensée que j’ai eue lorsque j’ai réalisé mon inscription à l’IED de Paris 8  a été la suivante: « rien que l’inscription est un parcours du combattant ».
En effet, l’inscription nécessite de se connecter à une heure précise et les bugs informatiques mettent la motivation du candidat à très rude épreuve (ceux qui ont tenté cette inscription ont probablement davantage utilisé leur touche F5 en une demi heure qu’en une année).
Et pourtant, j’ai 27 ans, un bac +5 (et une multitude de dossiers d’inscription et de concours à mon actif) et je travaille dans un milieu où je côtoie de très près l’administration française.
Au vu de ce constat, le sentiment aujourd’hui qui m’anime est ambivalent.
Pour la seconde fois, mon pays et son système de l’Education Nationale (tant décrié pour de bonnes raisons) m’offre cette chance  alors qu’elle est « refusée » à plus de 80 000 bacheliers.
J’ai une bonne situation sociale et financière et j’ai déjà largement profité de ce pouvait m’offrir l’éducation française et j’ai la vague impression de « voler » ma place. (Si certains voient dans ce sentiment une quelconque dérivation du syndrome de l’imposteur -ou autre-, m’est avis que j’ai finalement ma place en licence de psychologie 😉 ).

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas naïve. Je sais pertinemment qu’une grande partie des bacheliers concernés (par une absence d’affectation) ont du « louper » une marche de ce système d’une immense complexité. Il existe en effet des filières dans lesquelles des places sont non pourvues et je ne suis pas partisane du gâchis sans nom généré par l’autorisation pour tous les lycéens à se diriger vers la filière qui les « inspire ».

Toujours est-il que si je ne vis pas de manière tout à fait sereine la validation de mon inscription (vis à vis de tout ceux à qui elle est refusée), j’aurais également  probablement encore moins bien vécu le fait de ne pas avoir été à la hauteur de la « marche » de l’inscription. J’ai le sentiment que, à l’instar du monde du travail, le système éducatif est une vraie jungle dans laquelle peuvent s’y débattre seuls ceux qui n’oublient pas de se lever à l’heure. Le rôle de l’éducation n’est-il pas pourtant de nous permettre de nous adapter à ce système qui regorge d’obstacles? Comment faire si seuls ceux qui sont déjà bien aguerris peuvent y entrer ?

Il s’agit d’une question largement posée et soulevée mais je ne pensais pas que ma petite expérience allait à ce point l’illustrer.

 

Lorsque j’ai envisagé la création de ce blog, j’avais en tête de partager les difficultés que je rencontre dans mon quotidien du fait d’un décalage entre mon milieu social d’origine et celui dans lequel j’évolue (notamment professionnel).
J’avais décidé d’intituler ce blog « Entre deux mondes » et le titre me paraissait judicieusement choisi pour vous raconter mes anecdotes de jeune femme qui a « le cul entre deux chaises ».
En discutant avec un ami dans une situation semblable à la mienne, j’ai conforté cette idée. Surtout le jour où il m’a lancé que « la vie est tellement plus difficile lorsque que l’on évolue entre deux mondes… ».
Mais n’est-elle pas aussi tellement plus riche ? Evoluer parallèlement dans deux milieux sociaux différents est effectivement générateur d’un nombre important de questionnements et de remises en question.
La culpabilité est souvent  présente pour ne pas dire constamment tapie dans un coin  de votre tête: « Ai-je le droit de gagner beaucoup plus d’argent que mes parents alors que je leur dois tout ? », « Ai-je le droit de prétendre à un confort supérieur à celui qu’ils connaissent alors qu’ils se sont sacrifiés pour moi? »
Ceux d’entre vous qui vivent « entre deux mondes » n’échapperont pas à ces questions qui peuvent conduire à ne jamais se sentir à sa place.
Le temps et la maturité aidant, je me suis autorisée le droit de vivre avec ce confort que je pense avoir mérité. Cela ne veut pas dire pour autant que je renie mes origines. Bien au contraire.
Paradoxalement, ce n’est que depuis très récemment que j’assume timidement mais fièrement le milieu social d’où je viens.
J’en ai eu honte pendant des années et j’ai maintenant honte d’en avoir eu honte.

Aujourd’hui je me lance un nouveau défi qui me paraît valoir le coup d’être raconté.  Après réflexion, il me semble beaucoup plus intéressant de partager cela que de me complaindre dans les difficultés que je rencontre au quotidien. Et le titre de mon blog ne pourrait pas être mieux choisi.

J’ai décidé, en parallèle de mon travail de Consultante en Système d’Information, de débuter des études de psychologie par correspondance.

J’ai la profonde envie de partager avec vous les raisons de  ce choix et son annonce à mes proches (à ce stade seuls ma famille et quelques amis le savent) mais aussi à mon entourage (collègues, etc) et leurs réactions. Puis au fil du temps, de vous raconter ce que cet apprentissage a comme conséquence sur mon quotidien et ce que j’en retire.

 

 

 

Hier soir, j’ai assisté à l’enregistrement de l’émission « Et Dieu dans tout ça » au Collège des Bernardins. L’émission réunissait l’écrivain Laurence Nobécourt et le Père Conrad de Meester. Je dois avouer que c’est principalement les paroles de Laurence Nobécourt qui m’ont touché et qui ont fait sens au fond de moi.  Je vais être honnête, je n’ai pas appris grand-chose. Ma vision de la pratique de la spiritualité est très proche de celle de Laurence Nobécourt.  Je ne suis pas baptisée mais j’ai reçu une éducation que je qualifierais de spirituelle et j’ai été sensibilisée au recueillement et à l’importance de l’ennui et du silence.  Cependant, au-delà de ces aspects, j’ai surtout retenu les conseils de vie distillés par Laurence Nobécourt que j’ai lu et relu pendant ma période de dépression post-rupture amoureuse.   Il me semble qu’il s’agit de paroles que j’aurais le besoin d’écouter tout au long de ma vie. Je ressens une très forte envie de les partager par écrit même si l’impact ne sera pas aussi fort que lorsqu’ils sont prononcés de vive voix par quelqu’un d’aussi convaincu que Laurence Nobécourt :

  • La vie est tellement bien faite : nos souffrances ont un sens et elles nous contraignent à en chercher les raisons. Tant que nous les renions, elles se reproduiront sans cesse jusqu’au jour où nous en aurons assez de toujours nous « faire resservir le même plat ».
  • L’âme et le corps sont intimement liés : il est primordial d’écouter son corps quand il s’exprime. Laurence Nobécourt a été victime d’eczéma pendant 25 ans de sa vie et a été de ce fait très sensible à l’environnement extérieur. Cette maladie qui était pour elle un cauchemar s’est avéré un formidable atout lorsqu’elle a compris que cela n’était que l’expression de sa très forte sensibilité qu’elle devait exprimer par un moyen ou un autre : elle a choisi l’écriture (ou l’écriture l’a choisie ?).  A chacun de trouver le mode d’expression de ce qui se trouve au plus profond de soi, indispensable pour avoir un corps en bonne santé.
  • Il faut chercher à l’intérieur de soi le « job » pour lequel nous sommes faits : Nous avons tous sur cette terre un rôle à jouer : cela peut être d’être maçon, écrivain ou professeur. L’essentiel est de trouver ce pourquoi nous sommes de passage sur cette terre. Une fois notre mission identifiée, advient enfin l’épanouissement.

La quête du sens de notre vie n’est cependant jamais terminée…

Ce matin nous avions une réunion de planifiée à 9h00 et qui devait compter sur ma présence, celle de ma manager et de deux de mes collègues.
J’ai l’habitude d’arriver vers 9h15 au travail. En me réveillant ce matin, le souvenir de cette réunion refait surface dans mon esprit. L’objectif est donc de me préparer en 15 minutes de moins que d’habitude ce qui implique seulement un peu de stress supplémentaire.
J’arrive au travail vers 8h55, à l’heure donc.
Notre manager entre dans le bureau vers 9h05 (elle est arrivée depuis 8h00) et m’interroge : « Je fais la réunion avec toi ? ». Je réponds qu’une de mes collègues a bien davantage travaillé sur le sujet que moi. Elle me suggère donc qu’on l’attende.  Cette dernière arrive une vingtaine de minutes plus tard ce qui entraîne une nouvelle interrogation de la manager qui suggère de débuter la réunion. Ma collègue, qui maîtrise le sujet, indique que la personne encore absente apprécierait fort probablement d’être présente. Vers 9h35, la manager replanifie la réunion à 11h00, puis 5 minutes plus tard nous sommes au complet.

A aucun moment, le retard de l’une ou de l’autre de mes collègues n’est évoqué.

C’est à ce moment là que je prends conscience du fait que je suis « trop bonne élève ».        Certes, cette réunion n’a aucune criticité et il n’y a pas d’impact à son report. Néanmoins, j’identifie dans cette situation banale une vraie différence de « classe ».  Je n’ai jamais raté une journée d’école (sauf une après-midi en maternelle) ni une journée de travail. Cela ne fait pas particulièrement l’objet d’une fierté. Je n’ai pas une santé particulièrement fragile mais j’ai cependant le souvenir d’être allée à l’école souffrante d’une grippe, après avoir marché 1h dans la neige ou de partir travailler après des nuits d’insomnie.  Ces potentielles absences généraient chez moi des états de stress bien plus importants que la maladie ou la fatigue.  Je suis persuadée que la génération du stress chez une personne n’est pas innée mais est relative à son vécu et aux difficultés qu’elle peut rencontrer pour réussir. Ces obstacles étant bien plus importants pour les personnes plus défavorisées, le stress n’en sera que supplémentaire et le comportement « parfait » apparaît comme une solution pour le diminuer et pour se sécuriser.

Plus je réfléchis, plus je m’aperçois que cette situation est sociologique. Lorsque j’étais en école de commerce, nous étions parfois une dizaine en cours (sur 200 étudiants inscrits). Cela était le cas les lendemains de grosses soirées ou lorsque les cours étaient jugés « inutiles »/ « inintéressants ». Je n’étais pas forcément très proche des personnes qui assistaient systématiquement à l’ensemble des cours (même si j’en faisais partie) mais leur façon d’être me suffit à déduire qu’ils n’étaient issus des familles les plus aisés. La seule de mes amies qui m’accompagnait au cours de toutes ces séances est fille d’ouvrier.

Aujourd’hui au travail trois de mes collaborateurs rentrent de vacances. Ils sont partis deux ou trois semaines aux 4 coins du monde : Etats-Unis, Bahamas, Australie. Les mots « requins », « douane », « Louisiane », « chaleur » glissent sur leurs lèvres de la même manière que lorsque j’évoque naïvement et timidement ma Normandie natale.
Je les écoute avec intérêt, je hoche la tête, je réponds vaguement mais en souriant comme si je comprenais et partageais les sentiments qu’ils ont éprouvé.

En vérité, rien n’est si peu naturel pour moi. J’ai presque 26 ans et je n’ai jamais mis les pieds dans un aéroport. Je n’ai jamais pris l’avion (mes parents non plus).
Il m’est alors curieux d’entendre autour de moi un véritable benchmark des companies d’avion. Je ne peux pas participer à la conversation mais tout cela ne m’est pas totalement inconnu. J’ai réalisé de nombreux cas pratiques sur ces entreprises durant mon école de commerce: la Lufthansa, Air France, le low coast… Il est alors assez aisé de faire semblant et de parler de ce que l’on ne connaît pas. Jouer un rôle est quelque chose que je fais depuis toujours et cela me devient de plus en plus facile.  Au fil des rencontres, les connaissances s’accumulent et l’adaptation devient presque naturelle. Il n’en reste pas moins qu’une impression de malaise persiste constamment lorsque l’on est confronté à ces situations nous rappelant que l’on vient d’un autre monde.

Je regarde par la fenêtre de la cafeteria, le ciel est gris et il pleut  depuis plusieurs jours sur Paris. Cela me rappelle bien évidemment ma Normandie natale. Le sentiment qui m’envahit en ce lundi, étonnamment, est de la fierté. La fierté d’être ici, parmi eux, alors que je viens d’ailleurs. La satisfaction de m’être parfaitement intégrée et d’être appréciée par ce monde dont je viens si peu

Depuis quelques années je ressens le besoin d’écrire et surtout de partager mes réflexions et mon ressenti sur des petites choses du quotidien mais également sur des sujets de société plus impactants.
Pourquoi ne pas en parler avec les personnes qui m’entourent me direz-vous ? Tout simplement parce qu’il n’est pas si simple de partager son point de vue avec son entourage.

La famille n’est pas toujours réceptive, les amis pas toujours ouverts aux sujets  souhaités et la peur  d’aborder des sujets sensibles toujours présente avec les collègues…

Voilà pourquoi j’ai décidé d’ouvrir ce blog… J’ignore aujourd’hui si je vais réussir à le tenir et à quelle fréquence je vais publier. J’espère simplement qu’il me permettra d’épancher ce trop-plein qui occupe mon esprit au quotidien…