Lorsque j’ai débuté l’examen de cette envie de m’engager dans des études par correspondance, je ne m’étais jamais inquiétée de la possibilité ou non qui me serait offerte de débuter ce projet.
Il m’était parfaitement évident que, si je souhaitais m’inscrire à des cours par correspondance, cela me serait simplement accessible (dès lors que je m’acquitterais des frais d’inscription bien évidemment).
Je suis un pur produit de la République. Je viens d’un milieu social modeste et les bourses de l’état ont contribué grandement à ma réussite scolaire et sociale.
Possédant un excellent dossier scolaire, je n’ai jamais ressenti de freins à réaliser des études (même si certaines formations m’ont été « justement » refusées car mon dossier ne correspondait pas aux standards attendus). J’ai toujours considéré que la France était un pays de culture et qu’apprendre n’était pas une difficulté pour qui le voulait réellement et le pouvait intellectuellement (et que la condition des moyens financiers n’était finalement qu’assez peu déterminante).

Le premier bénéfice de cette inscription à l’IED est qu’elle m’a amené à reconsidérer certaines croyances. Faire des études  ne serait en réalité pas une évidence pour tout à chacun ? Et ce, d’autant plus lorsque l’on se situe dans un parcours atypique (reprise d’étude, échec scolaire, tâtonnements).

La première pensée que j’ai eue lorsque j’ai réalisé mon inscription à l’IED de Paris 8  a été la suivante: « rien que l’inscription est un parcours du combattant ».
En effet, l’inscription nécessite de se connecter à une heure précise et les bugs informatiques mettent la motivation du candidat à très rude épreuve (ceux qui ont tenté cette inscription ont probablement davantage utilisé leur touche F5 en une demi heure qu’en une année).
Et pourtant, j’ai 27 ans, un bac +5 (et une multitude de dossiers d’inscription et de concours à mon actif) et je travaille dans un milieu où je côtoie de très près l’administration française.
Au vu de ce constat, le sentiment aujourd’hui qui m’anime est ambivalent.
Pour la seconde fois, mon pays et son système de l’Education Nationale (tant décrié pour de bonnes raisons) m’offre cette chance  alors qu’elle est « refusée » à plus de 80 000 bacheliers.
J’ai une bonne situation sociale et financière et j’ai déjà largement profité de ce pouvait m’offrir l’éducation française et j’ai la vague impression de « voler » ma place. (Si certains voient dans ce sentiment une quelconque dérivation du syndrome de l’imposteur -ou autre-, m’est avis que j’ai finalement ma place en licence de psychologie 😉 ).

Ne vous méprenez pas, je ne suis pas naïve. Je sais pertinemment qu’une grande partie des bacheliers concernés (par une absence d’affectation) ont du « louper » une marche de ce système d’une immense complexité. Il existe en effet des filières dans lesquelles des places sont non pourvues et je ne suis pas partisane du gâchis sans nom généré par l’autorisation pour tous les lycéens à se diriger vers la filière qui les « inspire ».

Toujours est-il que si je ne vis pas de manière tout à fait sereine la validation de mon inscription (vis à vis de tout ceux à qui elle est refusée), j’aurais également  probablement encore moins bien vécu le fait de ne pas avoir été à la hauteur de la « marche » de l’inscription. J’ai le sentiment que, à l’instar du monde du travail, le système éducatif est une vraie jungle dans laquelle peuvent s’y débattre seuls ceux qui n’oublient pas de se lever à l’heure. Le rôle de l’éducation n’est-il pas pourtant de nous permettre de nous adapter à ce système qui regorge d’obstacles? Comment faire si seuls ceux qui sont déjà bien aguerris peuvent y entrer ?

Il s’agit d’une question largement posée et soulevée mais je ne pensais pas que ma petite expérience allait à ce point l’illustrer.

 

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