Aujourd’hui au travail trois de mes collaborateurs rentrent de vacances. Ils sont partis deux ou trois semaines aux 4 coins du monde : Etats-Unis, Bahamas, Australie. Les mots « requins », « douane », « Louisiane », « chaleur » glissent sur leurs lèvres de la même manière que lorsque j’évoque naïvement et timidement ma Normandie natale.
Je les écoute avec intérêt, je hoche la tête, je réponds vaguement mais en souriant comme si je comprenais et partageais les sentiments qu’ils ont éprouvé.

En vérité, rien n’est si peu naturel pour moi. J’ai presque 26 ans et je n’ai jamais mis les pieds dans un aéroport. Je n’ai jamais pris l’avion (mes parents non plus).
Il m’est alors curieux d’entendre autour de moi un véritable benchmark des companies d’avion. Je ne peux pas participer à la conversation mais tout cela ne m’est pas totalement inconnu. J’ai réalisé de nombreux cas pratiques sur ces entreprises durant mon école de commerce: la Lufthansa, Air France, le low coast… Il est alors assez aisé de faire semblant et de parler de ce que l’on ne connaît pas. Jouer un rôle est quelque chose que je fais depuis toujours et cela me devient de plus en plus facile.  Au fil des rencontres, les connaissances s’accumulent et l’adaptation devient presque naturelle. Il n’en reste pas moins qu’une impression de malaise persiste constamment lorsque l’on est confronté à ces situations nous rappelant que l’on vient d’un autre monde.

Je regarde par la fenêtre de la cafeteria, le ciel est gris et il pleut  depuis plusieurs jours sur Paris. Cela me rappelle bien évidemment ma Normandie natale. Le sentiment qui m’envahit en ce lundi, étonnamment, est de la fierté. La fierté d’être ici, parmi eux, alors que je viens d’ailleurs. La satisfaction de m’être parfaitement intégrée et d’être appréciée par ce monde dont je viens si peu

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